| L'ERE
BOURGUIBA : 1957-1987
Bourguiba
ne fait pas immédiatement l'unanimité. Il faut compter avec les
anciens royalistes, le parti communiste, l'ancien Destour, les
étudiants de la mosquée-université de la Zitouna. Au sein de son
parti même l'opposition de Salah ben Youssef mène presque à la
guerre civile. Jouant du danger de subversion yousséfite auprès
des autorités françaises, se posant comme partisan de l'ordre,
Bourguiba réussit à éliminer son adversaire qui part au Caire
continuer la lutte avant d'être assassiné en août 1961 à Francfort.
Aux élections du 23 mars 1956, le parti et son allié l'UGTT (Union
Générale des Travailleurs Tunisiens) obtiennent la totalité des
sièges à pourvoir à l'Assemblée constituante. Le 25 juillet 1957
l'Assemblée Nationale proclame solennellement la République et
confère à Habib Bourguiba la charge de Président. Ce sera sa première
et dernière grande décision. La constitution concentre entre les
mains du Président tous les pouvoirs et lui donne l'autorité totale
au sein du Néo Destour.
le Parti et l'Etat se confondent. En 1963, le parti communiste
est interdit, et la Tunisie va être gouvernée pendant plus de
20 ans sans opposition légalement reconnue. L'Etat s'impose partout,
dissolvant et recomposant le tissu social en transformant le système
administratif, culturel, scolaire, universitaire et économique.
C'est un véritable "capitalisme d'Etat" qui se met en place. C'est
l'heure de l'endoctrinement général, le règne de l'Etat-Parti
contrôlant tous les aspects de la vie tunisienne. |